_________Voilà, quatre mois que ça dure. Je dirais plutôt, que nous durons. Voilà donc, le début de ce cinquième mois tant redouté. Pourquoi ? Eh bien, un jour, un imbécil m'avais raconté que dans les couples, généralement au bout du cinquième mois, ça cassait, sauf si ils étaient vraiment fait l'un pour l'autre. Imbécilités ! Tout d'abord, depuis quand est-ce que j'écoutais les imbéciles ? Ou plutôt, depuis quand j'écoutais les gens simplement. J'ai toujours été cette fille sure d'elle, tétue, bornée, capricieuse, hautaine.. Bref vous voyez le truc, non ? Le genre de fille que je déteste, en fait. Mais bon, j'étais quand même sociable, j'avais des amis, et d'ailleurs, j'étais celle qui amusais la galerie, ou qui jouais l'adulte responsable, ou bien celle à qui on envoyait des vannes à longueur de temps, mais qui riait. En fait, j'étais quelqu'un de normal. Je crois. J'étais amoureuse, il me semble, mais je n'avais jamais osé lever le ton, du moins je ne pouvais pas. Six cent quatre vingt killomètres m'en empechait à vrai dire. Enfin c'est la conclusion que je tire. Car suite à ce que je venais de faire, j'étais vraiment capable d'être une peste. Comme je savais si bien faire. En réalité, je crois qu'il m'intimidait trop, ou j'avais peur de le perdre, un truc du genre. Je m'efforçais donc de ne rien dire de ce qui m'agaçais, quant à lui, il ne se génait pas pour me le faire comprendre. Puis il a fallu que ça se passe. Ouai, la dispute du siècle. Je m'étonnais moi même de la façon dont je pouvais répliquer froidement, sarcastiquement, ironiquement, hautainement. Moi qui me croyais si faible face à lui, je fus surprise de voir que je pouvais être une vrai peste, avec lui, comme je savais si bien le faire. Que m'arrivait-il ? Une putain de boule de haine qui logeait au fond de ma gorge, qui poussait pour sortir. Ouai c'était bien ça. Comment expliquer toute cette rage que je ressentais envers la personne que j'aimais ? J'avais honte, mais putain, qu'est ce que c'était plaisant. Non pas que j'aimais être supérieure aux autres personnes, je déteste ça. J'aime avoir raison voilà tout. Je m'étonnais moi même d'avoir réponse à tout. J'étais à la fois contente d'avoir retrouvé cette moi, assurée, impréssionante, mais à la fois apeurée de redevenir cette moi, méchante, sarcastique. C'était bon de ne pas se sentir impuissante, de savoir qu'on peut controler, mais, différent ? Oui c'était ça, c'était différent. Je donnais raisons à ces pauvres imbéciles, qui disaient que le cinquième mois, c'était le plus difficile. C'était différent, ils avaient raison, j'avais tort. Et en fin de compte, j'étais pas cette moi assurée, hautaine et sarcastique, puisque j'avais tort. Alors, à cet instant là, j'étais quoi ?